

Janvier 2010
Le Département est l’un des investisseurs charentais les plus importants. Chaque année, et tout en maîtrisant son endettement, il investit plus de 60 millions d’euros sur les routes départementales, dans les collèges, ou dans les équipements publics.
Cet investissement important s’ajoute évidemment à ceux de la Région, à ceux des Communes et des Communautés de Communes qui, dans leurs champs de compétences respectifs, développent des services publics, rénovent des établissements scolaires, innovent dans de multiples domaines comme les transports en commun ou l’environnement.
En 2009 j’ai par ailleurs souhaité que la Charente s’associe pleinement au plan de relance national, en investissant 10 millions d’euros supplémentaires pour améliorer les routes encore, mais aussi pour financer la desserte du territoire en haut débit ou pour aider les collectivités locales charentaises à financer leurs projets d’aménagement et d’équipement, des aménagements de bourgs, de nouvelles crèches ou haltes garderies, des équipements sportifs ou culturels supplémentaires…
Par ailleurs, nous avons jusqu’à présent soutenu au maximum de nos possibilités financières le tissu associatif charentais, et ce dans tous les domaines, la solidarité, la culture ou le sport.
Enfin, nous avons lutté, toujours, contre la fermeture des classes, des bureaux de postes, des tribunaux. Nous avons soutenu tous les services publics même lorsqu’ils étaient pleinement, seulement, à la charge de l’Etat, allant jusqu’à verser 67 millions d’euros pour accélérer la mise à 2 x 2 voies des routes… nationales !
Toutes ces interventions au profit du développement de la Charente ont été rendues possibles par la Décentralisation, c’est-à-dire par la liberté donnée aux Départements, aux Régions, aux Communes, d’agir librement dans le seul intérêt de la population.
Voilà 27 ans donc (1982-2009) qu’étape après étape, grâce à la Décentralisation, le champ de compétences, l’autonomie, « la force » des collectivités donc, croissent sans interruption.
Croissent trop ?
Personnellement je ne le pense pas. Il faudrait au contraire poursuivre dans ce sens et donner plus de moyens encore à tous les élus locaux, surtout dans les Départements ruraux tels que le nôtre. Il en va, j’insiste, de la qualité du service qui demain vous sera offert.
Mais je crains, et beaucoup avec moi, que les réformes en cours, celle de la Taxe professionnelle et celle dite de l’organisation territoriale, nous amènent au contraire à faire machine arrière, dans un mouvement de « re-centralisation ».
En effet le produit de la Taxe professionnelle, ressource essentielle des collectivités, aujourd’hui supprimée, ne sera compensé totalement par l’Etat qu’en 2010.
Qu’adviendra–t-il ensuite des services, de toutes ces actions qu’aujourd’hui elles assurent, qu’elles mènent et que demain elles ne pourront plus financer ?
La réforme de l’organisation territoriale, quant à elle, réduira les champs de compétences, nous interdisant toute intervention dans certains domaines comme la culture, le sport, ou limitera les financements croisés et donc nos possibilités d’aider financièrement les communes.
Qui interviendra alors à notre place ? L’Etat ?
La Décentralisation est malmenée. Associons-nous pour la défendre.
Michel Boutant
Sénateur de la Charente
Président du Conseil général