
Le Conseil général de la Charente entretient 5100 km de routes départementales.
Il s'appuie pour cela sur un effectif de 280 agents dont près de 250 sont basés au plus près du terrain dans les 5 agences départementales.
Durant la majeure partie de l'année, ces agents assurent l'entretien courant des chaussées et dépendances routières. Ainsi, d'avril à octobre, ils interviennent pour les réparations de chaussée, les renouvellements de couches de surfaces des routes, le fauchage des accotements, l'élagage des haies et talus, les curages de fossés, les réparations des ponts, buses et aqueducs.
La part la plus importante de ces travaux se fait en régie.
Du 15 novembre au 15 mars, une part significative de ces travaux d'entretien se poursuit bien évidemment mais la priorité est donnée à la viabilité hivernale.
En effet, dès que les conditions météorologiques le nécessitent, les agents sont mobilisés en priorité pour assurer les meilleures conditions de circulation sur les routes charentaises.
Depuis la décentralisation acte II, c'est à dire à partir de l'hiver 2006/2007, le Conseil général a mis en place une organisation destinée à faire face aux conditions météorologiques les plus couramment rencontrées dans notre département. Cette organisation est précisée dans un document dénommé Document d'Organisation de la Viabilité Hivernale (DOVH). Ce document définit les priorités du réseau routier départemental ainsi que les moyens humains et matériels spécifiquement affectés.
Le réseau de niveau P1 (priorité 1) concerne les routes classées à grande circulation, quelques voies à très fort trafic, et les voies de desserte économique importante. Il représente environ 300 km de routes départementales.
Ce réseau est surveillé et traité 24 h sur 24, 7 j sur 7.
Le réseau de niveau P2 (seconde priorité) est principalement constitué par les routes de desserte des chefs lieux de canton. Il représente environ 300 km de routes départementales. En principe, il est traité pendant les heures de service (8h à 18h) et après le réseau P1.
Le réseau P3 porte quant à lui sur les autres axes routiers les plus circulés ou présentant un intérêt économique secondaire. Il compte environ 400 km de routes départementales qui sont traités pendant les heures de service et après le réseau P2.
Le reste du réseau c'est à dire près de 4 100 km ne bénéficiant d'aucune priorité, est éventuellement traité après les réseaux P1, P2 et P3.
Selon le risque météorologique, un nombre différent d'équipes d'astreintes est mobilisé.
En situation courante, c'est à dire lorsque seuls des phénomènes localisés peuvent être rencontrés mais également pour faire face aux interventions d'urgence (accident, matériaux sur chaussée,…), 6 équipes de 3 agents chacune sont placées en astreinte. Ce nombre est porté à 11 lors des vacances scolaires (Noël, février..) afin de limiter les difficultés possibles de trouver des renforts dans ces périodes de congés.
Hors vacances scolaires, en situation de fort risque météorologique, le nombre d'équipes d'astreinte est porté à 11 puis le cas échéant à 18 équipes.
Chaque équipe d'astreinte comprend trois agents:
- un responsable d'intervention qui assure les patrouilles sur le réseau,
- un chauffeur de saleuse,
- un accompagnateur pouvant se substituer au chauffeur ou l'aider dans ses taches (chargement, réglage de la saleuse….) il peut également aider le patrouilleur à surveiller le réseau.
Les agents restent en astreinte du lundi au lundi suivant.
Les jours ouvrables, les agents d'astreinte travaillent avec leurs collègues non placés en astreinte. En cas de risque météo, ils peuvent être placés en repos anticipé ; après intervention ils sont quelquefois obligés de prendre des repos compensateurs (respect des règles sur les temps de travail/repos). Les nuits et week-ends, ils sont en astreinte à leur domicile prêts à toute intervention.
Leur hiérarchie est particulièrement vigilante au respect des conditions de sécurité et du temps de travail des agents (décrets de février 2002 et août 2000).
(12 h de travail maxi par jour, amplitude quotidienne maximale de 15h, repos quotidien continu de 9 h, durée hebdomadaire de travail effectif de 60h …)
Le matériel dont dispose le Département pour les interventions sur le terrain se compose de 19 camions équipés chacun d'une saleuse dont la capacité va de 3 à 5 m3 et d'une lame chasse neige. Pour la majorité des évènements la quantité de sel répandu est de l'ordre de 15 à 30 g/m² et par passage.
Pour un seul passage sur le réseau P1 et P2 (600 km), 70 tonnes de sel sont répandues, soit un coût de 6000 €.
Le département dispose d'une capacité de stockage de 1500 T de sel, réparties sur 19 aires de stockage. Le département a passé une convention avec l'Etat pour une utilisation réciproque de 3 dépôts chacun (Ruffec, Barbezieux et La Rochefoucauld pour l'Etat et La Couronne, Chabanais et Mansle pour le département).
La coordination des interventions sur le terrain, les relations avec les forces de l'ordre sont assurées par un agent de la direction des Routes placé sous l'autorité du directeur général adjoint des services chargé de la DAE. Cet agent est également en astreinte.
Lors des évènements de plus grande durée ou importance, une cellule de crise est activée à la direction des Routes. Elle pilote alors l'ensemble des interventions de traitement des routes, et le cas échéant, elle renseigne les services de la Préfecture sur l'état des routes et contribue avec le service communication du Conseil général à mettre en ligne la carte de l'état du réseau routier départemental (consultable sur le site CG16.fr).
Actuellement le stock est voisin de 1 000 T (80 000 €).
Le coût annuel d'astreinte et d'intervention sur un hiver normal (sans neige mais de 3 à 8 interventions sur des évènements localisés) s'élève à 150 000 €.
Pour un événement comme celui du début janvier 2009 qui a duré 1 semaine, 900 tonnes de sel ont été répandues. Le coût total des interventions, astreintes, heures supplémentaires s'est élevé à 160 000€.
Pour les chutes de neige du 17 au 20 décembre dernier, quelques 700 T de sel ont été consommées.
Le coût d'acquisition d'un ensemble routier pour le traitement des phénomènes hivernaux est de 160 000 € (Camion + saleuse + lame de déneigement).