
Avec la fin du déploiement du plan départemental de résorption des zones d’ombre internet, les Charentais ont désormais accès au haut débit, y compris dans les zones isolées.
Historiquement, après la mise en place de l’ADSL dans tous les centraux téléphoniques de la Charente, près de 20% des foyers, situés principalement en zones rurales, se sont trouvés exclus d’une connexion haut débit à 2 Mégabits/seconde (Mbps). L’affaiblissement - avec la distance - du signal porté par la paire de cuivre du fil téléphonique en est la cause principale.
À l’heure où Internet est devenu incontournable tant pour les particuliers que pour les entreprises, il n’était plus concevable de mettre deux heures pour télécharger un document...
Or, certaines zones de Charente, parce qu’elles ne présentaient pas d’intérêt commercial pour les fournisseurs d’accès à Internet, n’étaient toujours pas raccordées au haut débit.
Alors que faire ? Attendre qu’Internet soit de nouveau considéré comme un outil de service public par l’État au même titre que l’électricité au début du XXe siècle ? Ou bien tenter de réduire les inégalités, le plus rapidement possible et à un coût raisonnable compte tenu des évolutions technologiques permanentes dans ce domaine ?
Alors même que les secteurs urbains et denses ont pu bénéficier sans la moindre contrepartie des meilleurs niveaux de service à des prix très concurrentiels, seule une intervention publique incitative pouvait permettre d’éviter une fracture numérique durable dans l’équipement de nos territoires.
C’est désormais chose faite puisque les foyers charentais, situés en zones d’ombre (zones inférieures à 2Mbps*), peuvent aujourd’hui souscrire une connexion internet illimitée à un coût proche des tarifs pratiqués en milieu urbain et périurbain grâce à l’initiative départementale.
Le réseau, construit par la société Alsatis, est achevé et couvre la quasi-totalité des habitations non éligibles à l’ADSL (zones blanches) et la très grande majorité (90 %) des habitations ne bénéficiant pas de plus de 2 Mbps* en ADSL (zones grises). Le projet abouti et mis en œuvre concerne ainsi 340 communes sur les 404 que compte la Charente avec une infrastructure radio dense qui permet d’avoir des débits 2 fois supérieurs à l’objectif initial, soit 4 Mbps*.
En complément de cette infrastructure, les nouvelles offres du satellite Ka-Sat permettent aux foyers situés dans les zones particulièrement enclavées de souscrire également un abonnement internet haut débit.
Le Département offre pour les 3000 premiers abonnés les frais d’accès au réseau (équipement et installation) afin que les administrés mal desservis puissent souscrire un abonnement sans avoir à supporter financièrement une charge trop importante (de 250 à 400 euros).
*Le Wifi permet d'offrir une connexion à Internet à 4 Mbps. Comme dans le cas de l'ADSL, le débit commercialisé est le débit crête descendant de la connexion (de l’Internet vers l’ordinateur). 4 Méga, c’est 8 fois plus qu’une liaison ADSL à 512k.
Internet pour les milliers de personnes qui ont été abandonnées par le marché
L’accès à Internet ne fait absolument pas partie des compétences du Département puisque il s’agit depuis le démantèlement du service public des Télécoms, d’un secteur marchand. Pour autant, le Département a décidé de prendre en charge le raccordement des zones délaissées par les opérateurs privés. C’est l’objet de l’opération "Haut-débit, partout pour tous".
"L’objectif des élus de la Charente était de rétablir l’équité territoriale et de faire en sorte que les usagers qui n’avaient pas de connexion du tout ou une connexion très limitée (512 kbps) bénéficient enfin d’un service performant d’au moins 2 Mbps", expliquait Jean-Pierre Denieul, alors conseiller général en charge des innovations. "Notre volonté est d’offrir un service à tous les usagers exclus de la société de l’information".
Le programme est ambitieux puisqu’il concerne, après construction du réseau, 30 000 abonnés téléphoniques (la Charente en compte 160 000 au total), dont plusieurs milliers qui ne sont pas éligibles à l’adsl en raison de leur situation géographique.
"Les technologies Wifi et Wimax ont été choisies car dans les zones concernées, c’est la seule façon de raccorder, pour un coût raisonnable, les laissées de côté par les opérateurs privés. Aujourd’hui, la fibre optique ne peut être amenée jusque dans les habitations les plus éloignées."
Pour leur très grande majorité, les zones concernées par ce chantier sont extrêmement dispersées et situées à la campagne, notamment dans le sud-Charente particulièrement mal desservi. Au total, le plan haut débit coûte 7,3 millions d'euros dont 4,5 millions d’euros co-financés par le Département (1 027 800 € / 22,84%), la Région Poitou-Charentes (1 027 350 € / 22,83%), l’Union Européenne (1 417 500 € / 31,50%) et l’État (1 027 350 € / 22,83%).
Les 2,8 millions d'euros restants sont pris en charge par l'opérateur Alsatis.


