

Sur la commune de Saint-Cybardeaux, à 22 km à l’ouest d’Angoulême, le théâtre et le sanctuaire gallo-romains des Bouchauds, sites classés monuments historiques, dominent la campagne environnante.
Les vestiges de la colline des Bouchauds sont les derniers témoins visibles d’une agglomération gallo-romaine dont le nom nous échappe aujourd’hui. Longtemps considérée comme la Sermanicomagus de la Table de Peutinger, il semblerait que cette information ne soit pas scientifiquement avérée.
Le théâtre, construit à flanc de colline, offre une vue panoramique sur la vallée de la Charente. Cet édifice, composant caractéristique des agglomérations romaines, a fonctionné entre le Ier et le IIIe siècle ap. J.-C. Jouxté par un sanctuaire, le théâtre pouvait être en relation avec la religion et le rassemblement cultuel.
Les proportions exceptionnelles de l’édifice, ainsi que sa capacité estimée à 5 000 ou 6 000 spectateurs, en font l’un des plus grands de la Gaule rurale. Son excellent état de conservation permet de découvrir les différents éléments de l’architecture des théâtres romains.
Le sanctuaire, composé de quatre temples, n’a pas révélé de divinités. Seul trésor, une figurine de Mercure (dieu romain du commerce et des voyageurs) retrouvée au pied d’un vestige, a semble-t-il été perdue ou oubliée avant l’abandon du site.
Le XIXe siècle voit naître l’archéologie. Cette discipline est principalement pratiquée par des érudits, des passionnés, qui suivent les règles dictées par les sociétés savantes locales ou nationales.
C’est dans les années 1860 que Jean Gontier, un bourgeois originaire de Jarnac, acquiert une parcelle située au lieu-dit du "Bois des Bouchauds". La tradition orale veut que les vestiges qui y sont visibles soient ceux d’un château surnommé "château des Fades" (des fées). "Mû par le désir d’acquérir à la science un monument qui semblait être d’un si haut intérêt", J. Gontier engage à ses frais le déblaiement des structures gallo-romaines du théâtre. Après un classement du théâtre aux Monuments historiques en 1881, le Père Camille de la Croix, connu dans la région pour ses travaux de recherches à Sanxay ou au Baptistère Saint-Jean à Poitiers, est chargé par M. Laporte-Buisquit de terminer les fouilles du théâtre et de mener les travaux de conservation nécessaires.
Ce n’est qu’au XXe siècle que les recherches sont menées au niveau du sanctuaire, sous l’impulsion de Louis MAURIN (université de Bordeaux), puis de François THIERRY entre 1974 et 1995.
Chaque été le Département propose un programme d’animations avec des visites guidées, des ateliers pour les enfants, des découvertes nocturnes.
Retrouvez l’ensemble des manifestations sur la brochure archéologique "Voyage au cœur du temps" disponible à partir du 15 juin.
Le sanctuaire au sommet de la colline est difficilement accessible pour les handicapés moteurs.
Depuis 2007, le Conseil général a aménagé un accès au théâtre par le bas. Une rampe mène jusqu’au centre de l’édifice.