

Sur la commune de Chassenon, à 60 km d’Angoulême sur la route de Limoges, s’élèvent les vestiges de thermes gallo-romains, site classé monument historique. Au cœur d’un parc archéologique de 25 hectares, d’imposants monuments laissent imaginer l’importance de l’antique agglomération de CASSINOMAGUS à laquelle ils étaient rattachés.
L’antique CASSINOMAGUS, connue par une copie médiévale de la Table de Peutinger, se trouvait en territoire Lémovice, au croisement de plusieurs voies de circulation romaines dont la Via Agrippa qui reliait Lyon à Saintes.
Les proportions exceptionnelles des monuments mis au jour (thermes, temple, théâtre, aqueduc) témoignent de l’importance de cette agglomération. Fouillés depuis plus de 150 ans, les vestiges continuent de révéler leurs secrets.

Le bâtiment thermal de Chassenon est resté en activité pendant près de trois siècles. Construit après le milieu du Ier siècle, il perdure en tant que thermes jusque vers la fin du IIIe siècle, époque à laquelle un important incendie détruit l’ensemble. Les thermes cessent alors de fonctionner et seront utilisés comme habitat de fortune jusqu’au début du VIe siècle. Les bâtiments sont finalement abandonnés et s’enfouissent sous leur propre ruine, gagnés par la végétation.
Ce complexe thermal servait à la fois pour l’hygiène, le sport, la détente et comme lieu de cure. La découverte d’ex-voto, objets cultuels de remerciement ou d’accomplissement d’un vœu, semble confirmer cette fonction curative des thermes.
Construits sur deux niveaux, les thermes sont impressionnants par leurs dimensions, leur exceptionnel état de conservation et par l’ingéniosité des systèmes employés pour leur fonctionnement. Leur architecture et les techniques de construction révèlent la performance technique des Romains : système de chauffage par hypocauste, les fours, systèmes d’adduction et d’évacuation des eaux...
Mentionnés depuis le XVIIIe siècle comme les vestiges d’un "palais", ce n’est qu’à partir de 1958 et les fouilles conduites par Jean-Henri Moreau que les thermes sont véritablement identifiés.

Reconnue comme agglomération gallo-romaine depuis le XVIIIe siècle, CASSINOMAGUS livre petit à petit ses secrets. Ses vestiges (temples, puits, théâtre, thermes, aqueduc…) intéresseront de nombreux chercheurs et amateurs. Deux personnages, parmi les nombreux fouilleurs qui se sont succédé sur le site, ont particulièrement marqué l’histoire archéologique de Chassenon : l’abbé Jean-Henri Michon et Jean-Henri Moreau.
Le premier s’intéresse à CASSINOMAGUS lors de son tour de Charente en vue de repérer et de consigner le patrimoine historique et archéologique du département dans "La statistique monumentale". Il oriente principalement ses recherches sur la mise au jour du temple de Montélu dont les contours sont aujourd’hui soulignés pour marquer ses extraordinaires proportions.
Le second, découvrant les salles souterraines du "palais" dans son enfance, n’aura de cesse de dégager les thermes pour en offrir la plus impressionnante des perspectives aux visiteurs.
Depuis 1995, les fouilles ont repris sur le site, dans un premier temps au niveau des thermes pour s’élargir ensuite à l’adduction des eaux avec la mise au jour de l’aqueduc principal et de l’aqueduc secondaire...
Les thermes, associés à un temple et à un théâtre, symboles de la romanisation de la Gaule, appartiennent à un vaste ensemble monumental dont il sera possible de mesurer toute l’ampleur à partir de 2009. Le Conseil général a en effet engagé d’importants travaux de conservation et de valorisation des vestiges en aménageant un parc archéologique.
La visite des thermes est accessible aux personnes handicapées moteur.
Département de la Charente
Service Patrimoine Historique
05 16 09 74 32
Cassinomagus
Parc Archéologique
05 45 89 32 21
www.cassinomagus.fr
Association les Amis de Chassenon
09 62 14 84 93
amis.chassenon.free.fr
Ouvert tous les jours du 20 février au 24 novembre 2012.
Horaires :
Des visites guidées vous sont proposées à horaires réguliers,ainsi que des audioguides (anglais/allemand).
Sur Place
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